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17/11/2015

Où l'on reparle d'Olivier Corel, le mentor de Mohammed Merah et de Fabien Clain, et de la "filière toulousaine"

Dans mon livre Pour Allah jusqu'à la mort, Enquête sur les convertis à l'islam radical, paru en 2008, je consacrais plusieurs pages à la "filière toulousaine" et notamment à Olivier Corel, que les médias français évoquent aujourd'hui en raison de ses liens avec Fabien Clain, djihadiste toulousain qui a revendiqué les attentats de vendredi à Paris. Ce livre, passé relativement inaperçu à l'époque décrit précisément le processus par lequel des jeunes occidentaux (convertis ou musulmans) deviennent des djihadistes et commettent des actes de "folie" comme celui de Toulouse. Il reste hélas, est-il besoin de le souligner, toujours d'actualité... P. LANDAU (paul_landau2004@yahoo.fr)

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EXTRAIT DE POUR ALLAH JUSQU'A LA MORT, PAGES 123-127

 

IV - La filière toulousaine

 

Lorenzo Vidino, auteur d’un livre important sur Al-Qaida en Europe, faisait observer récemment que l’islam radical, traditionnellement implanté dans les grandes métropoles et les villes moyennes, s’étendait au cours des dernières années aux zones rurales européennes [1]. Cette observation a été confirmée par le démantèlement récent en France d’une filière de recrutement de djihadistes à destination de l’Irak, implantée dans la région toulousaine et notamment dans les localités de Colomiers et Capdenac-le-Haut, près de Figeac, dans le Lot. Cette filière fonctionnait depuis plusieurs mois, selon l’enquête menée conjointement par les renseignements généraux, la police judiciaire et la sous-direction antiterroriste (SDAT). Son démantèlement a débuté en février 2007 avec l’arrestation de deux djihadistes expulsés de Syrie, interpellés à leur descente d’avion à l’aéroport d’Orly. L’un des deux est un converti, Thomas Barnouin, albigeois de 26 ans devenu Abdelhakim après sa conversion.
 

 

La maison des époux Corel

 

            Artigat est un village de 1200 habitants, dans l’Ariège. Jusqu’à récemment, il était connu surtout pour avoir été le théâtre d’une histoire fameuse, qui a inspiré de nombreux romanciers et cinéastes : celle de Martin Guerre, paysan français du XVIe siècle. Mais depuis quelques mois, Artigat est devenu célèbre pour une tout autre raison. Tout a commencé au début des années 1990, quand les époux Corel ont attiré autour d’eux plusieurs familles de musulmans et de convertis à l’islam. Au début, c’était plutôt une espèce de « communauté » installée dans une vieille ferme, puis dans des maisons construites au hameau des Lanes. Mais les apparences sont trompeuses : la vie bucolique de ces familles musulmanes dans la campagne ariégeoise cachait en fait une filière de recrutement de djihadistes à destination de l’Irak…

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21/10/2015

Hitler et le Mufti: retour sur l'alliance occultée entre le nazisme et le mouvement national palestinien

SABRE CORAN.jpgDans l'extrait suivant de mon livre, Le Sabre et le Coran, j'évoque l'implication active du Mufti de Jérusalem dans la politique anti-juive du Troisième Reich, ses relations amicales avec Hitler et son rôle d'incitation actif en vue de l'extermination des Juifs d'Eretz-Israël (qui resta heureusement à l'état de projet). Ces pages sont versées au dossier historique passionnant des rapports entre nazisme, islamisme et palestinisme, dont les médias viennent de s'emparer avec des intentions évidentes qui n'ont rien à voir avec la recherche de la vérité historique. PL

 

Les Frères musulmans et la question palestinienne

 

L'implication des Frères musulmans dans la question palestinienne est étroitement liée à leurs relations avec le Haut Comité arabe et son dirigeant, le Mufti de Jérusalem Haj Amin Al-Husseini. Le Guide des Frères musulmans et le Mufti partagent une même vision du monde, une même haine des Juifs et de l'Angleterre, et une même admiration pour les régimes fasciste et hitlérien. Dès 1935, le frère du Guide suprême, Abd Al-Rahman Al-Banna, se rend en Palestine, où il rencontre Al-Husseini. De son côté, Hassan Al-Banna écrit au Mufti pour l'assurer de son soutien 24. Les deux hommes vont établir une collaboration étroite, et des liens personnels qui se poursuivront jusqu'à la mort d'Al-Banna en 1949. Leur collaboration se traduit par une aide réciproque : les Frères musulmans collectent des fonds pour le Haut Comité arabe de Husseini, et ce dernier leur apporte une justification idéologique et des thèmes de propagande, grâce auxquels les Frères musulmans galvanisent les foules égyptiennes et attirent des milliers de membres et de sympathisants. Jusqu'au milieu des années 1930, la question palestinienne n'avait joué quasiment aucun rôle dans la politique égyptienne. Certains écrivains et hommes politiques égyptiens avaient même exprimé leur intérêt et leur admiration envers les pionniers sionistes, à l'instar du célèbre penseur musulman Rashid Rida, rédacteur en chef du journal Al-Manar 25. Mais les émeutes de 1936 fomentées par le Mufti de Jérusalem et leurs répercussions en Egypte vont profondément modifier la situation.

 

 Au début de l'été 1936, le Haut Comité arabe envoie des émissaires en Egypte, afin de mobiliser les autorités religieuses, gouvernementales et les médias en faveur de la cause arabe en Palestine 26. Pour sensibiliser l'opinion arabe, ils prétendent que les Juifs ont voulu profaner les Lieux saints musulmans à Jérusalem, prétendument pour « reconstruire le troisième Temple sur l'emplacement de la mosquée d'Omar ». Cette rumeur est répercutée par les mosquées, dans lesquelles les prédicateurs déclarent que c'est une obligation religieuse pour chaque musulman de s'engager dans le jihad en faveur de la Palestine. La campagne de propagande est relayée par des comités de solidarité, qui organisent des manifestations et des collectes en faveur de leurs « frères » arabes en Palestine. Certains membres des Frères musulmans égyptiens prennent part aux émeutes antijuives en Palestine entre 1936 et 1939 25. Lors de la première guerre israélo-arabe de 1947-48, l'engagement des Frères musulmans se manifestera par l'envoi de volontaires pour « combattre les Juifs ». Nous reviendrons sur cet épisode, dans lequel Said Ramadan, gendre d'Al-Banna et père de Tariq Ramadan, a joué un rôle important 27.

 

Très rapidement, la cause arabe en Palestine sert de prétexte à de violentes attaques contre les Juifs égyptiens, accusés d'être une « cinquième colonne » sioniste. En mai 1936, les Frères musulmans appellent au boycott des magasins juifs en Egypte, instaurant ainsi une pratique que l'on retrouvera en Europe lors de la nouvelle vague d'antisémitisme des années 2000-2002 28. Des tracts sont distribués, appelant au boycott des marchandises et des magasins juifs. Le journal Al-Nadhir publie une rubrique régulière intitulée « Le danger des Juifs d'Egypte ». Il publie également les noms et adresses des hommes d'affaires juifs et de journaux accusés d'être « aux mains des Juifs ». Quant à l'organe des Frères musulmans, Jaridat al-Ikhwan al Muslimin, il publie à la fin des années 1930 de nombreux articles accusant les Juifs de conspirer contre l'Islam. Il les accuse tantôt d'avoir intrigué contre le prophète, reprenant les thèmes de l'antijudaïsme musulman traditionnel, tantôt de « comploter en vue de détruire le monde » et d'être les instigateurs du mouvement communiste international 29.

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18:34 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2015

Comment naissent les Mohammed Merah et autres djihadistes français, par Paul Landau

Des meutes de « loups solitaires » : comment naissent les Mohammed Merah et autres djihadistes français

converti toulousain.jpgUne enquête publiée vendredi 3 juillet par le quotidien Libération lève un coin de voile sur un phénomène que j’ai analysé il y a presque dix ans, dans un livre passé relativement inaperçu à l’époque : Pour Allah jusqu’à la mort, sous-titré : Enquête sur les convertis à l’islam radical. Dans leur enquête, les journalistes de Libération s’attachent à décrire ceux qu’ils appellent les « rabatteurs de l’ombre » ou les « mauvais génies du djihad français », expressions qui désignent en fait les prédicateurs de l’islam radical. L’un de ces prédicateurs est un converti, Frédéric-Jean Salvi, dit « Grand Ali ». Un autre, Olivier Corel, dit l’émir blanc, (auquel j’ai consacré plusieurs pages de mon livre) a joué un rôle important dans la radicalisation de Mohammed Merah.

Avec un certain retard par rapport aux autres pays occidentaux confrontés à l’islam radical, la France commence enfin à ouvrir les yeux sur ce phénomène, alors que les victimes des djihadistes se comptent déjà par dizaines sur le sol français. Pourquoi ce retard, et quelles sont les idées reçues que continuent de véhiculer à ce sujet les médias français ?

 

Le mentor converti de Yassin Salhi

Au lendemain de l’attentat macabre perpétré par Yassin Salhi, les médias en France ont mentionné le rôle de son mentor, Frédéric Jean Salvi, qui prêchait un islam radical à Pontarlier dans les années 2000. Son parcours est caractéristique de celui des convertis à l’islam radical, que j’avais décrit et analysé de manière détaillée en 2008. Salvi est décrit par ses proches comme « un grand type sympa et sociable qui voulait faire de la musique ». Mais sa vie bascule lorsqu’il est condamné pour trafic de drogue, en janvier 2001, à une peine de 32 mois ferme.

 

SALVI.jpg

 

C’est en prison qu’il va rencontrer l’islam et devenir un adepte d’un islam rigoriste et radical. Son itinéraire ressemble à celui de dizaines d’autres convertis à l’islam radical, comme je l’ai montré dans mon livre : sorti de prison, il devient lui-même prédicateur islamiste, selon un schéma que j’ai analysé, qui fait que les convertis se perçoivent comme investis d’une mission sacrée de « répandre la bonne parole » du djihad et se considèrent comme étant mieux à même de convertir d’autres Français que les musulmans de souche.

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