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06/01/2013

L'Europe face au terrorisme: réussites et défaillances des stratégies occidentales

A l'occasion du prochain colloque organisé le 13 janvier à Paris par l'UPJF, je mets en ligne des extraits de mon livre Pour Allah jusqu'à la mort sur le sujet de la lutte antiterroriste. J'invite tous mes amis et lecteurs à participer à ce colloque important. Paul  Landau

 

antiterrorisme,france,usa,alliance base,upjfComment les pays occidentaux confrontés au phénomène du terrorisme islamiste en général, et à celui des convertis à l’islam radical en particulier, ont-ils réagi ? Nous allons répondre à cette question en examinant la situation des principaux pays concernés, et en distinguant leur attitude à l’égard de l’islamisme radical de type djihadiste, dont les convertis constituent un exemple significatif, et leur attitude à l’égard de l’islamisme politique. Nous verrons quels ont été les succès de la lutte contre le terrorisme islamiste en Occident et ses défaillances, et quelles sont leurs causes.

 

L’Europe, environnement idéal pour les cellules terroristes islamistes

 

            Lorenzo Vidino, auteur d’un livre important sur Al-Qaida en Europe, constate que l’Europe constitue l’environnement idéal pour les cellules logistiques et un endroit où les terroristes peuvent agir dans une relative liberté. « Les faux papiers sont disponibles facilement sur le marché noir, le système des transports fonctionne bien, l’argent est abondant et les services de renseignements et de sécurité ne sont pas aussi répressifs que leurs homologues des pays du Moyen-Orient [1] ». La conséquence de cet environnement favorable est que « quasiment tous les attentats perpétrés par Al-Qaida dans le monde ont un lien avec l’Europe ».



[1] Lorenzo Vidino, Al-Qaeda in Europe, op. cit., p.80.

 


antiterrorisme,france,usa,alliance base,upjfPour illustrer ce constat, il donne les exemples suivants : les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie de 1998, dans lesquels était impliquée une association « caritative » basée à Dublin en Irlande ; l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan, deux jours avant le 11 septembre 2001, commis par deux membres d’Al-Qaida déguisés en journalistes et munis de faux papiers fournis par une cellule franco-belge (à laquelle était lié le Français David Courtailler) ; et last but not least, les attentats du 11 septembre eux-mêmes, qui ont été planifiés en partie à Hambourg, où trois des pilotes kamikazes ont reçu un soutien financier et logistique important. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive : on doit y ajouter, notamment, les exemples de convertis à l’islam radical partis de pays européens pour mener des attentats en Afrique du Nord (Ganczarski), au Moyen-Orient (Smyrek) ou en Irak (Degauque).

 

            Ces exemples montrent que l’Europe – et plus généralement l’Occident – sont devenus à la fois l’un des fronts du djihad et la base arrière où sont radicalisés, recrutés et parfois entraînés les soldats du djihad, comme nous l’avons vu au chapitre 8. Vidino ajoute que les cellules d’Al-Qaida opérant en Europe ont acquis une importance accrue après le 11 septembre et la destruction partielle du sanctuaire afghan. Il convient de préciser également que l’Occident est devenu le principal vivier de recrutement de djihadistes, musulmans de souche ou convertis, radicalisés dans les mosquées des grandes villes d’Europe et ailleurs. Si l’Europe est devenue, selon le constat de plusieurs observateurs, le « ventre mou » du front occidental dans la guerre contre l’islamisme radical, et l’environnement idéal pour les cellules logistiques d’Al-Qaida, c’est qu’elle souffre de plusieurs handicaps dont les organisations djihadistes ont su tirer profit. On peut distinguer deux catégories principales : les handicaps juridiques et les handicaps politiques.

 

L’inadaptation des législations nationales à la lutte contre le djihad

           antiterrorisme,france,usa,alliance base,upjf Au cours de notre enquête sur les convertis à l’islam radical, nous avons constaté à plusieurs reprises l’inadaptation des législations occidentales à la lutte contre le djihad islamiste et ses manifestations. Très souvent, comme l’observe Lorenzo Vidino, le « travail excellent accompli par les services de renseignement européens est gâché par les tribunaux », parce que ceux-ci sont tenus de respecter des règles très strictes en matière de preuve et de procédure, qui ne répondent pas aux exigences de la lutte antiterroriste. Les principaux obstacles rencontrés par les pays occidentaux sont en effet le manque de souplesse des règles de procédure pénale, la lenteur des procédures administratives et judiciaires, les disparités entre les différentes législations nationales et le manque de coopération entre les Etats.

 

            Face à la menace d’organisations islamistes radicales implantées dans de nombreux pays, dont les membres se déplacent sans encombre et font fi des frontières, les pays occidentaux ont mis du temps à développer des outils de coopération, tant en matière de renseignement et de prévention que dans la répression des actes de terrorisme. Pendant longtemps, la coopération internationale a été entravée par des freins politiques, juridiques, culturels et linguistiques, et ce n’est que très récemment que les efforts de collaboration ont commencé à porter leurs fruits, comme on a pu le constater dans l’affaire Ganczarski, lors de laquelle a été révélée au grand jour l’existence d’une cellule antiterroriste occidentale créée en 2003, baptisée « Alliance Base »... A SUIVRE

 

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